Sociétés occidentales et professionalisation

         

          1. La musique dans la Bible

Dans l'ancien testament, l'utilisation de la musique sédative est illustrée par le récit de David, calmant grâce à sa lyre, les crises d'angoisses du roi Saül.« Ainsi, chaque fois que l'esprit de Dieu assaillait Saül, David prenait le cithare et il en jouait ; alors Saül se calmait, il allait mieux et le mauvais esprit s'écartait de lui ». L'instrument qu'utilise David a pu varier selon les textes anciens et les traductions entre la harpe, la lyre, la cithare mais dans tous les cas, il s'agit d'un instrument à la fois mélodique et harmonique. Le remède consiste seulement à écouter de la musique et non un morceau ou une oeuvre particulière. Le but du traitement du roi Saül est d'écarter les mauvais esprits en harmonisant et apaisant l'esprit du roi.

On peut donc constater que déjà à cette époque, la musique est particulièrement active sur la sphère émotionnelle, qu'elle a des implications physiques et psychologiques. La musique est aussi bien prescrite pour éveiller et stimuler les émotions que pour maîtriser et calmer les passions.

          2. Musique durant le Moyen-Age et la Rennaissance

Les grands professeurs et érudits du Moyen Age et de la Renaissance comptaient parmis eux des guérisseur et des médecins et reconnaissaient l'importance de la musique dans la compréhension de l'univers et de l'humanité. Déjà en 1650, le grand musicologue et philosophe Athanasius Kircher (un des scientifique allemand les plus importants de l'époque baroque) considérait la musique sédative comme l'une des principales formes de musicotherapie. Les berceuses de nos grands-mères constituaient peut-etre une forme de « musicothérapie préventive »...

En Angleterre, Thomas Campian, médecin sous le règne de la reine Elisabeth Ière était connu pour ses plaisantes compositions musicales et pratiquait la guérison psychologique de la dépression et des troubles psychologiques grâce à ses chants. De grands compositeurs ont découvert les liens qui existaient entre son, musique et santé. Par exemple, Georges Frederick Haendel aurait déclaré qu'il ne souhaitait pas divertir ses auditoires mais 'les rendre meilleurs'. Farinelli, chanteur d'opéra célèbre du XVIIIème siècle, guérit Philippe V d'Espagne d'une pathologie chronique en chantant à plusieurs reprises l'air préféré du roi. Ainsi, les effets musicothérapeutiques relevés au cours des siècles sont le rétablissement de l'équilibre perdu (moral, humoral et psychologique), la stimulation, l'apaisement et la revitalisation. La dépression, la mélancolie ou les états d'agitation sont les indications les plus souvent citées.

          3.Naissance de la musicothérapie francaise

L'histoire de la musicothérapie est fortement liée à celle de la psychiatrie. La naissance de la psychiatrie au XIXème siècle ouvre de nouvelles prospectives aux traitements des pathologies psychologiques, et ainsi, la musique est citée comme thérapie en 1801 par Philippe Pinel, fondateur de la psychanalyse francaise. Un malade se voit alors recommander la pratique du violon comme traitement, et selon P. Pinel, la redécouverte du violon joua un essentiel rôle dans le rétablissement de ce patient.« Un souvenir confus, lors de sa convalescence, lui rappela son instrument favori, c'est-a-dire le violon, et dès lors j'engageai les parents à lui procurer cette jouissance, si utile d'ailleurs pour son entier rétablissement. Il parut reprendre dans peu de jours son ancienne supériorité, et il continua ainsi pendant huit mois à s'exercer plusieurs heures chaque jour, avec des progrès d'ailleurs très – marqués pour le calme et le rétablissement de la raison. » Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale, Philippe Pinel

Les personnes qui jusque là étaient considérées comme folles, sont maintenant traitées comme des malades, et la musique prend alors la dimension de 'traitement'. Quelques années plus tard (entre 1820 et 1880), le psychanalyste francais met en place un programme de réadaptation, le 'taitement de la folie mentale', et la pratique de la musiqucothérapie est officiellement développé par J.Esquirol à l'hôpital de la Salepêtrière à Paris, mais aussi par des médecins comme F.Leuret, J.Dupré, T.Nathan ou encore D.Bourneville, soit la première génération de médecins exercant cette spécialté, la psychiatrie.La musique est alors considérée comme un moyen pour calmer (les agités), stimuler (les pathogènes) ou encore chasser les idées morbides des patients.

La pratique de la musique comme thérapie s'étend de Paris aux régions du centre, en Dordogne, en Bretagne, dans le Nord et passe par le Nord de le Belgique, la Grande Bretagne et l'Italie. Les séances consitaient à l'organisation de concerts avec, à l'hôpital de la Salepêtrière par exemple, la participation des premiers élèves du conservatoire, récemment créé. Les programmes proposés sont éclectiques afin de déterminer les musiques plus plus efficaces, le domaine de la musicothérapie n'en est encore qu'à l'expérimentation. Les malades constituent aussi des chorales ou des orchestres grâce à des cours de musique institués à l'intérieur même de l'hôpital. La musicothérapie était à l'époque une thérapie de groupe, voire dans certains cas, une thérapie de masse, vu le nombre de patients qui pouvaient être ainsi rassemblés. À la fin du XIXème siècle, on ne trouve que peu de traces de cette pratique.

          4. Après les années '50: Le renouveau de la musicothérapie

À la fin du XIXème siècle, on peut observer un déclin dans l'intérêt médical de la musicothéapie ; les découvertes de la psychiatrie, de la psychologie et de la psychanalyse apportent de nouvelles pistes de recherches, laissant de côté de musicothérapie. La chimiothérapie va ainsi permettre de guérir efficacement les symptômes habituellement traités en musicothérapie : grande agitation ou prostation, apathie. C'est dans la seconde moitié du XXème siècle que la musicothérapie connait un renouveau, favorisé par les toutes nouvelles techniques d'enregistrements et de reproductions musicales mais aussi par des échecs lors de thérapie sur les pathologies mentales les plus lourdes (psychose, autisme).

Dans les années '50, les premières expériences de l'influence de l'audition musicale sur l'individu ont lieu avec une mise en relation de l'écoute de l'enregistrement et ses physiologiques, caractérisée par la mesure de son action sur la respiration, le rythme cardiaque, la circulation et la tension artérielle. On a donc constaté que des extraits ou oeuvres musicales convenablement choisies soulageaient efficacement des types spécifiques de douleurs. Malgré une technique avancée, les séances de musicothérapie proposées restent les mêmes qu'au siècle dernier utilisant l'harmonie musicale qui agirait sur l'organisme humain en l'harmonisant. Certaines musiques seront donc considérées comme non bénéfique au patient, voire dangereuses pour l'équilibre de l'individu. C'est pourquoi il est de la responsabilité du thérapeute de choisir avec soins les musiques écoutées par son patient pour qu'elles soient efficaces. Ainsi, la relation entre le patient et le thérapeute est importante, comme le disait le docteur R. Benenzon « Parler de musicothérapie, c'est parler de communication » car l'idée est bien d'une prescription musicale et d'un accompagnement lors d'une thérapie musicale. Une approche différente, les productions sonores et musicales des patients eux-même, a ouvert d'autres perspectives cliniques et théoriques.

En France, le développement de la musicothérapie s'est fait grâce au domaine médiacl, notamment avec les avancées de la psychopathologie et des soins psychiatriques.Enfin dans les années '70, un développement particulier de l'utilisation de la musique comme l'anxiété en cabinet dentaire fut réalisé avec l'aide du dentiste Maurice Gabai, entraînant aussi des applications dans la préparation à l'accouchement. Ainsi, en France, le milieu médical a permis l'insertion de la musicothérapie dans le système de soins.

Mais le développement de la musicothérapie n'est pas cantonné à la France, dans cette même période, de nombreux pays, par exemple les États-Unis introduisent la musique aux soins. C'est déjà dans les années '50 que la première association de musicothérapie voit le jour alors qu'en France, il faut attendre la fin des années '60 pour la création d'un centre de recherche et d'aplication, et c'est seulement en 1972 qu'est créée une première association. Le développement de la musicothérapie est établi, un enseignement à l'université est élaboré entraînant une élévation du niveau de formation et de développement de la recherche. C'est encore en 1962 que le psychanlyste argentin R. Benenzon proposa un premier modèle de la musicothérapie fondé sur les concepts freudiens.

C'est au tour des pays anglo-saxons d'introduire les thérapies comportementales en renforcement. Celui-ci peut-être positif ou négatif (en privant le patient de musique). Par exemple, J. Alvin, promotrice de la musicothérapie en Grande-Bretagne, conditionnait des enfants psychotiques et cette pratique est toujours d'actualité. Cette nouvelle médecine douce donna de nombreux ouvrages sur l'écoute passive de la musique et sur les réaction physiologiques de l'organisme, ouverte à un large public et permettant son expension.

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