Introduction

Le Concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn : agréable symphonie ou incroyable thérapie ?

 

« La musique n’a pas été donnée à l’homme pour flatter ses sens mais pour calmer les tourments de son âme. »

Platon

 

La musique est aujourd’hui un art connu, familier et accessible à tous. En effet, où que nous soyons, la musique est là grâce aux concerts, à la radio, au cinéma, à la télévision, aux baladeurs, aux disques… Elle est maintenant tellement ancrée dans notre quotidien, qu’on ne se rend plus forcément compte de quel impact elle peut avoir sur notre conscience. Elle reste cependant, pour la majorité d’entre nous, avant tout un divertissement, un moyen de détente. On l’écoute donc pour notre plaisir, mais ne reconnait-on pas aussi ses effets bénéfiques sur notre humeur et notre moral inconsciemment ?

Au-delà du simple bienfait moral procuré par la musique, on trouve des cas de personnes ayant été véritablement « guéries » par cet art. Parmi ceux-ci, le cas du docteur Oliver SACKS est l’un des plus surprenants. Un taureau en colère a changé sa vie. C’était en Norvège, en montagne. Se retrouvant face à une énorme bête, il est pris de panique, s’enfuit, tombe. Genou traumatisé, rupture du tendon du quadriceps, un muscle de la cuisse. Oliver SACKS, médecin, se retrouve un patient hospitalisé. Recousu par un chirurgien, il devrait guérir vite. Au lieu de ça, il connait une descente aux enfers : il ne ressent plus sa cuisse ! Elle est devenue un « poids mort », flasque, inerte – il en fait le récit dans Sur une jambe, 1986. Deux kinésithérapeutes s’occupent de sa rééducation car Oliver SACKS n’arrive plus à marcher et chaque pas lui procure vertiges et hallucinations. Les docteurs, qui le disent « réparé », croient à des crises d’hystéries.

En tant que neurologue, Oliver SACKS pose l’hypothèse que, peut-être, son cerveau a été touché lors de son accident et que cela affecterait la perception de sa jambe, sa « proprioception ». Depuis les années 1970, les progrès en neurologie ont permis d’expliquer comment nous percevons notre corps et organisons nos gestes. Notre cerveau développe des réflexes, des « calculs de mouvement » qui nous permettent de mettre notre fourchette dans la bouche plutôt que dans l’œil, de nous rattraper quand nous tombons… Ce sont ces reflexes vitaux que nous développons inconsciemment et cette image de notre corps, appelée « sensibilité proprioceptive », qui nous incarnent et font que nous sentons que « nous sommes nous-mêmes ». Or, après son accident, Oliver SACKS sent comme une « tache » sur son image mentale corporelle qui altère la perception de son corps et le fait se sentir comme étranger à lui-même.

Cependant, son problème se résout soudainement lorsque, au cours d’une de ses séances de kinésithérapie, le Concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn lui monte en tête. A ce moment-là, la mélodie l’entraîne et il réussit à faire des pas sur plusieurs mètres. Le neurologue qu’est Oliver SACKS pense que le concerto lui a rendu sa « musique motrice ». En effet, dès que la musique s’arrête, sa jambe cède. A force de rééducation, Oliver SACKS finit par retrouver l’usage complet de sa jambe. Une telle action de la musique sur le système moteur montre bel et bien qu’il existe des correspondances, des interactions entre le son et cerveau. On en arrive à se demander si la musique n’a-t-elle fonction que de plaisir ou peut-elle être utilisée à d’autres fins ? De même, le Concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn n’est-il qu’une agréable symphonie ou peut-il se révéler être une incroyable thérapie ?

Afin de répondre à cette problématique, nous étudierons en premier lieu l’histoire de la musique ainsi que son utilisation au fil des âges dans les différentes cultures. Puis nous nous intéresserons à la composition du son et à la façon dont l’Homme le perçoit. Enfin, nous aborderons les principes et la pratique de la musicothérapie aujourd’hui.

 

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