La perception auditive

 

          1. Le système auditif

L'oreille humaine est une structure d'une sensibilité surprenante: c'est non seulement l'organe de l'ouïe, mais aussi un système qui nous permet d'avoir conscience de la position et des mouvements de notre tête, de la direction dans laquelle s'exerce la gravité, contribuant ainsi à notre sens de l'équilibre de même qu'à notre capacité à exécuter des mouvements réguliers et coordonnés.

 


          • Oreille externe :

Notre oreille externe, le pavillon auditif, ne fait que recueillir les ondes sonores. Celles-ci parcourent alors le conduit auditif externe (conduit de 25 millimètres en forme de S) avant de frapper le tympan (membrane cutanée fortement tendue de 10 millimètres sur 8), situé à l'extrémité de ce conduit auditif.

 

           • Oreille moyenne :

Les ondes sonores en vibration, caractérisées par leur fréquence et leur intensité, sont alors converties en vibration mécanique par l’oreille moyenne. Les vibrations du tympan sont en effet transmises par trois os minuscules : le marteau, puis l’enclume, et enfin l’étrier. Par ailleurs, ces trois osselets reliés à la paroi auditive par une série de muscles servent de régulateur de l’intensité. Les sons faibles sont amplifiées, les trop fortes intensités sont atténués, afin d’éviter douleur ou même rupture du tympan.

 

           • Oreille interne :

Les vibrations ainsi recueillies par le tympan puis par les osselets sont alors transmises à la cochlée, remplie de liquide : la lymphe. Aussi appelée limaçon, car elle est repliée sur elle-même, la cochlée est l’organe récepteur de l’audition. Les vibrations se propagent  donc dans les fluides de la cochlée qui mettent en mouvement une membrane élastique appelée membrane basilaire, déroulée dans la cochlée. Disposées le long de cette membrane se trouvent des cellules dites ciliées, qui, comme leur nom l’indique, possèdent des cils. Lorsque ces derniers sont mis en mouvement par une vibration mécanique, les cellules ciliées raccordées au nerf auditif transforment la vibration en message électrique.  Une caractéristique essentielle de cette étape de codage est que chaque endroit  de la membrane basilaire, et donc chaque groupe de cellules ciliées, n’est activé que pour un ensemble limité de fréquences de vibration. Les fréquences aiguës sont par exemple détectées par les cellules de la base de la cochlée, les fréquences graves par les cellules de son extrémité.

 

          • De l’oreille au cerveau :

On a vu que chaque fibre du nerf auditif (35 000 fibres au total), connectée par une synapse avec une cellule ciliée particulière, est spécifique d’un ensemble limité de fréquences. Par ailleurs, plus le son est intense, plus l’amplitude de vibration de la membrane basilaire est grande, ce qui entraîne une augmentation de la décharge des neurones du nerf auditif.

Chaque vibration est donc transformée par le nerf auditif en message électrique qui est ensuite dirigé vers le cortex cérébral via plusieurs étapes : le noyau cochléaire, le complexe olivaire, le noyau du lemniscus latéral, le colliculus inférieur et   le corps genouillé médian du thalamus. Tout au long de ce trajet, les signaux nerveux électriques subissent des transformations dues aux caractéristiques de l’activité des neurones, avant d’arriver au cortex auditif où ils sont triés, analysés, comparés à une base de données sonores, mémorisés, puis identifiés, et enfin traduits en sensation nerveuse.

   

          2. Fréquences-seuils de l'oreille

Les ondes sonores couvrent une plage de fréquences étendue: moins d'1 Hz à des millions de Hz. Cependant nous avons vu que l'oreille humaine ordinaire réagit à une bande de fréquences étroites. Tout d'abord elle ne perçoit pas les fréquences bien inférieures à 20 Hz: au dessous de ce seuil, seul les vibrations sont perçues par le corps. Par exemple lors d’un orage, on peut sentir l’air « trembler » silencieusement. Les sons dont les fréquences sont trop basses pour que nous les entendions sont appelés infrasons. De même, l’oreille humaine ne perçoit par les fréquences supérieures à 20 000 Hz environ et cette limite supérieure de la plage auditive s’abaisse avec l’âge. Les sons dont les fréquences sont trop élevées pour que nous les percevions sont appelés ultrasons. Par ailleurs, les variantes individuelles de l’organe de l’audition sont telles que certains individus n’entendent pas, ne supportent pas, ou déforment certaines fréquences.

Les sons que nous percevons ne représentent donc qu’une plage étroite de l’immense spectre que représente l’énergie sonore au sein de laquelle nous vivons. Mais bien que l’oreille ne perçoive pas certains sons, d’autres zones de notre corps y sont sensibles. Ainsi notre organisme entier entre en résonance avec les énergies sonores ambiantes qui lui transmettent des énergies vibratoires. La thérapie par les sons exploite ces sonorités imperceptibles qui contribuent à son rôle bénéfique. Par exemple, une approche moderne de l’auriculothérapie (la pratique du massage ou de l’acuponcture en certains points répartis sur l’oreille externe soulage des troubles affectant d’autres zones corporelles) fait appel à la stimulation des points auriculaires par les ultrasons.

 

          3. Audition chez le fœtus

Le système auditif du fœtus ne se développe qu’à partir du sixième mois de gestation environ, cependant, des études ont démontrées qu’il perçoit les vibrations du son à partir de la septième semaine, grâce à la résonnance de l’os de son crâne et du bassin maternel. Seules les basses fréquences sont alors perceptibles par le fœtus, les sons aigus étant filtrés par les muscles et le liquide du corps.

Le développement utérin d’un bébé est donc caractérisé par l’apparition d’oreilles embryonnaires quelques semaines seulement après la conception. A six mois, les oreilles sont formées et fonctionnelles. Ainsi, pendant les derniers mois de la gestation, le fœtus entend parfaitement les sons, y compris la musique, et y réagit. Des séances de relaxation en musique pour la mère et le bébé à naître et un accouchement accompagné d’un fond musical paisible sont des donc des pratiques apaisantes.

Les recherches scientifiques montrent que l’audition au cours des tout premiers mois de la vie a une importance primordiale. En effet au cours des semaines qui suivent la naissance, le nouveau-né réagit vivement à tout son nouveau et ces sonorités sont emmagasinées dans la mémoire auditive cérébrale, constituant ainsi une référence destinée à la coordination physique et psychique ainsi qu’au développement intellectuel ultérieur.

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