La musicothérapie active

La musicothérapie « active » regroupe toutes les formes d’expression musicale et corporelle, tous les instruments et tous les gestes ayant pour but l’expression de soi. Les exercices pratiqués lors des séances de musicothérapie actives sont variés. Suivant les besoins du patient, elles se concentrent plutôt sur le rythme, la mélodie, le chant ou le mouvement. Aucune compétence musicale n’est exigée, l’objectif étant l’expression de la créativité du (des) patient(s). De ce fait, l’esthétique sonore n’a aucune importance dans cette forme de thérapie. Elle peut se pratiquer seul ou en groupe.

Cette forme de musicothérapie a en premier lieu des objectifs d’ordre psychologique. Il s’agit de s’exprimer, de se soulager non verbalement. La musicothérapie active est très bénéfique chez les enfants et adultes handicapés leur permettant de s’exprimer grâce aux instruments proposés. On voit ainsi des personnes, complètement inhibées d’ordinaire et refusant le contact, tenter de se faire entendre à travers le son de maracas ou de cymbales.

Cela permet aussi l’expression de sentiments refoulés. On voit ainsi des enfants en bas âge se « défouler » littéralement sur un tambour pour évacuer la colère ou le trop plein d’énergie enfouis en eux qu’ils n’ont pas le loisir ou qu’ils n’osent pas exprimer chez eux. Cela leur permet donc de traduire leur mal-être en musique plutôt qu’en paroles, ce qui se révèle souvent plus aisé.

Elle est également utilisée dans le milieu carcéral, toujours dans un but d’expression de soi. Au XIXème siècle déjà, des fanfares ou des chœurs étaient formés dans les asiles. Aujourd’hui, des ateliers musicaux sont organisés par des associations comme l’association « Le mur du son ». Une initiation à l’éducation musicale et la pratique de percussions sont réalisées  afin de favoriser la resocialisation des détenus.

La musicothérapie active a aussi une influence physiologique. Sur le plan psychomoteur, par exemple, la pratique d’instruments rythmiques comme les percussions peut contribuer à la rééducation de la coordination des mouvements.

Chez les personnes victimes de la maladie d’Alzheimer, l’apprentissage et la mémorisation de morceaux de musique participent à la rééducation de la mémoire. La récupération des facultés cognitives a en effet été démontrée grâce à l’exemple tiré du livre d’Oliver Sacks, « Musicophilia ». Il y décrit en effet le cas d’un jeune homme, qui, suite à une attaque, avait développé une aphasie d’expression virulente (incapacité d’émettre des paroles liée à des troubles cérébraux) et était incapable de prononcer des mots, même isolés. Il arrivait cependant, et étonnamment, à chanter.  Après avoir suivi, pendant deux mois, une musicothérapie lors de laquelle il chantait essentiellement, il arrivait à répondre brièvement, mais correctement, à des questions simples. Ceci montre bien à quel point la musique, suivant l’utilisation qu’on en fait, peut recréer des connexions cérébrales et nerveuses qu’on pensait défaites.

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