La musicothérapie réceptive

La musicothérapie « réceptive » ne se résume pas, malgré ce que l’on pourrait supposer, à une écoute passive de musique. Il ne s’agit pas de « manipulation musicale ». On connait en effet l’influence que la musique peut avoir sur nos choix et nos sentiments. La publicité, la politique, l’Armée ainsi que certaines sectes l’ont bien compris et ont acquis une certaine expérience dans le domaine.

Les séances de musicothérapie réceptive ont pour objectif de faire travailler l’imagination du patient en lui faisant écouter une (des) musique(s) déterminées au préalable par le thérapeute. La séance débute par un questionnaire en référence à la vie musicale du patient : souvenirs liés à la musique, bruits marquants, apprentissages musicaux, rencontres de musiciens, relation de la famille à la musique, écoute de musique, de radio etc., sur son vécu afin de définir la raison de sa consultation : sa problématique.

A partir des réponses obtenues, le thérapeute va choisir les musiques appropriées. L’objectif sera tout d’abord de « rejoindre » le patient dans son humeur et son état d’esprit. Par exemple, pour une personne déprimée, on pourra commencer par une écoute de musique à tonalité mélancolique. Pour un enfant énervé ou hyperactif, on pourra essayer des mélodies rythmées, dégageant une certaine puissance et évoquant le dynamisme et l’énergie plutôt qu’une musique de relaxation qui n’aura aucun effet sur lui. Les paroles, si paroles il y a, ont également leur rôle à jouer : elles doivent être en lien étroit avec l’état d’esprit de la personne afin de traduire en mots son ressenti. Les musiques choisies évolueront au long de la thérapie pour se rapprocher de plus en plus de la problématique du patient dans le but final de la résoudre.

Les écoutes ont pour objectif de faire fonctionner l’imagination des patients et de leur évoquer des souvenirs, des images, des histoires, des émotions. Cette technique peut être utilisée chez les personnes âgées et les malades d’Alzheimer. En effet, chez ces patients, le thérapeute peut faire appel à la mémoire limbique (mémoire des émotions que conservent également les souffrants d’Alzheimer) en diffusant des chansons liées à des souvenirs personnels particuliers. On voit ainsi des personnes amnésiques parlant d’ordinaire peu, raconter pendant une vingtaine de minutes un épisode oublié de leur vie grâce à la seule écoute d’une musique. Une personne dépressive pourra, elle, être apaisée par une musique lui rappelant, par exemple, des vacances passées en famille à la montagne. Chez les personnes âgées, l’écoute des chansons de leur jeunesse les transportera dans un environnement passé connu et familier qui leur redonnera une identité propre et permettra le contact.

Pour conclure, on peut dire que la musicothérapie réceptive a une visée provocatrice. Elle cherche en effet à déclencher des émotions précises chez le patient grâce à la musique afin d’accéder à un dialogue et à une aide.

 

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